L'âme d'un poète.
À l'âge ou les enfants voulaient devenir docteur, maîtresse, mécanicien, star moi je voulais devenir poète. Vous savez cet âge de candeur, de pureté et d'innocence. L'âge ou l'on croit tout possible, l'âge ou notre c½ur ne connaît pas vraiment la haine et ou la guerre est quelque chose d'abstrait, ou l'on ne pense pas vraiment que des petits enfants meurs de faim. J'étais cette petite fille, je portais un prénom d'ange et je rêvais d'être poète. Chaque soir, pour m'endormir ma mère me lisait des poèmes, je voyais son amour pour ces ouvrages, alors naïvement j'avais cru que ma maman m'aimerait encore plus si je devenais poètes. Je rêvais de faire danser les vers & les rimes sur un bout de papier tout comme ma mère faisait danser les notes de musique sur son piano. Je rêvais de détenir tous les secrets des figures de style, des rythmes, des harmonies imitatives. Je rêvais poèmes, je rêvais de strophe, je vivais poème. J'aurais voulu une vie de bohème, d'artiste, de faire briller les yeux des petits et des grands tout comme ma mère faisait briller les miens lorsqu'elle me lisait les vers de Musset, Baudelaire, La fontaine. J'admirais leurs écrits, car il était rythmé comme la musique et même si je n'y comprenais pas grand-chose je l'aimais. L'enfant n'est pas idiot parce qu'il ne comprend pas ce qu'il aime, l'enfant est juste trop naïf. Un jour ma mère m'a dit :
-Tu sais Lune. Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien. Apaisante ou traumatisante, elle doit marquer de son signe ; autrement, nous n'en avons connu que l'imposture.
Je n'avais pas compris le sens de cette phrase, je l'avais juste trouvée belle. Et puis vous savez tout change, je ne suis jamais vraiment devenue poète, j'ai grandi et les rêves ce sont éteints. Je crois que j'avais 13 ou 14 ans et lorsque l'on me demandait ce que je voulais être plus tard je répondais toujours la même chose :
-Je veux être poète, faire danser les mots en harmonie tout comme ma mère fait danser ses notes de musiques en rythmes.
J'étais encore un être candide, la poésie et la musique m'avait bercé dans ma bêtise candide, bêtise innocente et naïve. Et puis vous savez la réalité m'a rattrapée, la mort à rattraper mon monde plein de douceur, de musique et de poésie. J'avais l'âme d'une rêveuse, lorsqu'elle est partie et que plus personne ne ma lut de poème, j'ai oublié la poésie. Tous les soirs, je me penche au-dessus du lit de mon ange et je lui lis les poèmes que ma mère me lisait et lorsque je referme le livre sa voix endormit me chuchote.
-Plus tard je deviendrais poète.
Alors, je souris amer, éteint la lumière et repense à la phrase que ma mère me disait je réalise enfin que désormais j'ai les armes pour être poète mais, plus l'âme d'autrefois. Je repense au piano et au poème qui ont bercer mon enfance, cette enfance sucrées qui me manquent tant lorsque je me retrouve enfermé dans ma vie d'adulte grise et sans saveur.
-Apprends la vie mon ange et tu pourras le devenir...
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